3 approches qui marchent pour créer une harmonie colorée

Vous est-il déjà arrivé d’avoir du mal à trouver comment accorder les couleurs dans un dessin ou un tableau ? De ne pas savoir quelle couleur placer à côté de telle autre ?

Avez-vous déjà eu peur de gâcher une toile par manque d’assurance dans le domaine des couleurs ?

Pourtant il existe des moyens tout simples de ne pas se tromper et de progresser dans la pratique des harmonies colorées.

Dans cet article je vais vous montrer comment produire de belles harmonies colorées et vous verrez que parfois vous n’aurez qu’à vous baisser pour les ramasser !

Vous avez dit harmonie ?

Mais qu’est-ce qu’une harmonie colorée ? Peut-on même considérer sérieusement le terme d’harmonie colorée ou bien dans ce domaine, n’y a-t-il que subjectivité et perception personnelle ?

Il y a une part de subjectivité dans ce qui nous paraît être (ou non) harmonieux
mais il y a aussi un ordre rationnel que l’on peut établir entre les couleurs.
L’idéal est bien sûr de connaître les deux méthodes, l’une servant à vérifier l’autre.

Johannes Itten nous dit :

« Les couleurs sont filles de la lumière et la lumière est la mère de toutes les couleurs. »

C’est bien vrai ! Le physicien Isaac Newton lui-même avait déjà découvert que si on arrive à faire passer la lumière du soleil à travers un prisme triangulaire, celle-ci se décompose en une multitude de couleurs : celles de l’arc-en-ciel.

Toutes les couleurs tirent donc leur origine de la lumière.

prisme

Puisque les couleurs ont une unité dans leur origine, il est bien normal qu’elles en trouvent une aussi dans leur terme, c’est-à-dire dans notre perception visuelle.

C’est ici que la notion d’harmonie colorée prend tout son sens. On peut parler d’harmonie colorée quand notre œil « retrouve », dans une juxtaposition de couleurs, un équilibre et une unité.

Si vous ne voulez pas trop vous prendre la tête

avec la technique, ce qui suit est pour vous car la première approche que je vous propose est intuitive.

 1- L’approche intuitive

L’approche intuitive est un éveil des sens, une école du coup d’œil qui ne s’appuie sur aucune explication théorique pour arriver à produire un bel accord de couleurs.

Au contraire, c’est une approche expérimentale qui est utilisée par tous les enfants. Regardez un enfant qui joue avec des feutres de couleur, il n’a jamais étudié d’ouvrage sur la théorie des couleurs, il ne se pose pas de questions !

dessin-M-3

Sa démarche est plutôt « On y va et on verra ce que ça donne », chaque dessin est alors pour lui une expérimentation nouvelle par laquelle il éveille son mode de perception intuitif.

En matière de couleurs, certains enfants obtiennent des résultats absolument spectaculaires qui n’ont rien à envier à d’autres dessins d’adultes.

dessins-enfants

Les accords de couleurs harmonieux produits de manière intuitive sont souvent empreints de la personnalité de leur auteur, de leur état du moment et de leur sensibilité.

Les activités de dessin ou de peinture nous plongent parfois d’elles-mêmes dans un état particulier, dans un mode de pensée qui nous rend plus créatif et où l’on perçoit mieux les rapports entre les formes et les couleurs.

C’est ce que vivent la plupart des artistes lorsqu’ils sont absorbés par la création de leur œuvre sans voir le temps passer.

Dans son livre « Dessiner grâce au cerveau droit », Betty Edwards nous parle de cet état comme étant une « légère modification du mode de conscience »

Il se peut que notre mode d’apprentissage intuitif ait été stoppé après l’enfance par d’autres modes d’apprentissages qui favorisent le langage et le raisonnement.

Mais il n’est pas trop tard pour renouer avec cette merveilleuse partie de soi !
Tout au long de notre vie nous pouvons chercher à la développer et à l’affiner.

 2- L’approche stratégique

« Si vous pouvez, sans le savoir, créer des chefs-d’œuvre de couleur, votre voie c’est de ne pas savoir. Mais si de votre absence de science vous ne pouvez tirer des chefs-d’œuvre de couleur, vous devez essayer de vous instruire. » Johannes Itten

Cette approche est-elle seulement faite pour rassurer ceux qui ont peur de se tromper ?

Non, pas seulement. Elle nous fait comprendre, grâce au cercle chromatique, qu’il existe un équilibre géométrique entre les couleurs.

Suivez le guide…

Le cercle chromatique est un formidable outil de classification des couleurs qui nous aide à nous représenter comment les couleurs s’organisent entre elles.

Si vous n’en avez pas, voici celui que j’utilise et que je vous recommande, il est assez grand et tout en français :

disque-chromatique

Évidemment, il existe une multitude de possibilités mais dans cet article je vais vous montrer 4 accords de couleurs dont un que j’ai utilisé pour peindre le tableau « Point de suspension » et qui me servira d’exemple.

Il s’agit d’une formule de 4 accords équilatéraux en triade (3 couleurs de base) que l’on peut situer de la manière suivante :

Un triangle équilatéral posé au milieu du cercle chromatique.

En pivotant simplement le triangle sur l’axe du cercle on obtient les 4 possibilités ci-dessous :

  • vert bleuté / jaune orangé / rouge violacé
  • rouge magenta / bleu cyan / jaune
  • violet / vert / orange
  • violet bleuté / jaune verdâtre / rouge orangé

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Alors comment faire une fois que nous avons nos 3 couleurs ?

Nous avons vu qu’une harmonie est un équilibre, cet équilibre doit être obtenu entre les éléments suivants :

  • Le choix des couleurs de base (ce que nous venons de voir)
  • Les rapports de valeurs→ clarté ou obscurité des couleurs
  • Les rapports d’intensité (couleurs vives ou couleurs ternes)
  • La proportion (en surface) des zones colorées

En clair, il ne suffit pas d’utiliser ces 3 couleurs fraichement sorties du tube pour avoir un tableau harmonieux.

Il nous faut maintenant rentrer dans la subtilité des couleurs.

Pour cela il convient de choisir quelle est :

  • La dominante du tableau→ Celle qui occupera la plus grande place dans le tableau mais on veillera à ce qu’elle reste d’une faible intensité
    (pas trop vive donc→ éclaircie ou obscurcie)
  • La tonique→ la couleur présente en quantité la plus faible mais dont l’intensité sera la plus forte
  • La troisième couleur→ Elle complétera le tableau dans des quantités variables et des intensités variables souvent intermédiaires à la dominante et à la tonique.

Par exemple

Ici, j’ai choisi la combinaison : vert bleuté / jaune orangé / rouge violacé

Point-de-suspension

-La dominante est le vert bleuté dont l’intensité générale est faible et les valeurs variées.

-La tonique est le jaune orangé présent en petite quantité à l’intérieur des fleurs mais en intensité maximale (couleur sortie du tube)PdS-tonique-La troisième couleur est le rouge violacé en quantité moyenne répartie dans tout le tableau et dont l’intensité est modérée pour ne pas rivaliser avec la tonique PdS-troisieme

Entrer dans la subtilité des couleurs consiste à travailler à la manière d’un cuisinier  lorsqu’il est aux fourneaux : il jongle avec ses ingrédients et ses épices afin de nous servir un plat savoureux.

Comme je vous l’ai dit, les possibilités sont très variées.
Sur le même principe il existe des formules plus simples que celle que nous avons vu mais il y en a aussi des plus complexes comme les accords « en tétrade » qui mettent en scène 4 couleurs de base.

La dernière approche est beaucoup plus simple.

Je suis sûr qu’elle va vous plaire car elle pourra vous servir tout le temps et être utilisée pour tous vos tableaux si vous le souhaitez !

3- L’approche analogique

Cette méthode consiste à transposer sur la toile un accord de couleurs que vous avez vu ailleurs et qui vous plaît
Facile, non ?

Je savais que vous aimeriez…

Mais comment faire ?

Tout d’abord, la simple connaissance de cette méthode va d’elle-même travailler votre perception visuelle et vous allez commencer à voir des belles couleurs partout.

A ce stade, vous avez fait la moitié du travail. Bravo !

Vous constaterez qu’une page de magazine, une carte postale, un papier peint, un paquet cadeaux, un marque page, une serviette en papier, une photo ou un paysage vont devenir pour vous autant de nouvelles sources d’inspiration !

sources-d'-inspiration

Ensuite, il vous faut capturer les couleurs qui ont éveillé votre attention soit en prenant des notes dans un carnet de dessin (par exemple à l’aquarelle) ou tout simplement en prenant une photo.

Votre sujet de peinture sera sûrement différent de la source qui vous a inspiré mais le but est de prendre à son compte ce qui est intéressant et de laisser le reste.

Veillez cependant à bien quantifier vos zones de couleurs car la quantité présente de chaque couleur y est pour beaucoup dans l’impression que vous avez ressentie devant votre source d’inspiration.

Conclusion

Nous avons vu 3 approches efficaces pour créer une harmonie colorée, elles se complètent parfaitement.

Vous pouvez vérifier une approche intuitive par une approche théorique et une approche théorique par une approche intuitive.

Cela vous permettra d’accroitre encore plus votre perception visuelle et votre sensibilité aux accords de couleurs.

Maintenant, il est temps de passer à l’action et de mettre en pratique tout ce que vous venez d’apprendre… Just do it !

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9 Comments

  • joelle mézange

    Reply Reply 6 novembre 2015

    merci de tout cœur pour vos conseils éclairés je les applique au maximum et j’en suis super heureuse merci encore mille fois

  • Etienne Delvarre

    Reply Reply 6 novembre 2015

    Bonjour Joelle, c’est moi qui vous remercie pour votre commentaire encourageant ! A bientôt

  • caloubk117

    Reply Reply 10 décembre 2015

    Là, Étienne, tu viens de mettre des couleurs dans ma passion qui est de savoir utiliser un aérographe. Ça donne tout de suite l’envie d’aller encore plus loin.
    Bravo pour ce que tu fais.

    • Etienne Delvarre

      Reply Reply 10 décembre 2015

      Merci, très heureux de pouvoir apporter un peu de couleurs à votre envie de créer… Tant mieux si cela vous donne envie d’aller plus loin, je vous y encourage !

  • Romain

    Reply Reply 10 janvier 2016

    Super astuces ! Merci beaucoup, je suis sûr de me servir de cette technique. Les couleurs n’auront plus de secret pour moi! Encore merci. Romain.

  • Frank Gama

    Reply Reply 31 juillet 2016

    Merci pour ton travail Etienne, mais tout ça me semble compliqué, disons dicté.

    Je peins depuis peu mais je ne me suis jamais posé de question sur les couleurs, j’ai mes tubes et je tape dedans. D’ailleurs je suis toujours étonné du rendu.

    Je me demande même quelquefois comment j’ai fait, et j’arrive encore à refaire la couleur quelques jours plus tard. Peut-être parce que je suis cuisinier mais jamais appris non plus.

    « Si vous pouvez, sans le savoir, créer des chefs-d’œuvre de couleur, votre voie c’est de ne pas savoir. Mais si de votre absence de science vous ne pouvez tirer des chefs-d’œuvre de couleur, vous devez essayer de vous instruire. » Johannes Itten.

    Ce qu’écrit Johannes me convient parfaitement.
    En tout cas merci Etienne, je vais (essayer) d’étudier les couleurs, merci pour ton travail.

    • Etienne Delvarre

      Reply Reply 1 août 2016

      Je comprends ce que tu dis et ce que tu ressens Frank.

      Il faut savoir que même s’il y a bel et bien une science derrière l’harmonie des couleurs,
      l’intuition des couleurs est toujours supérieure à cette science.
      C’est elle qui permet de dépasser les principes et de travailler librement.

      Par contre, pour les personnes qui ont du mal à harmoniser naturellement les couleurs, étudier et se reposer sur les principes permet d’avancer et aussi de renouer avec l’intuition !

      Il y a aussi le cas de figure (et c’est le mien) des personnes pour qui les couleurs sont assez intuitives mais qui aiment retrouver dans les principes, la confirmation de leur intuition…

      En tout cas, merci pour ta remarque.

  • Nathalie

    Reply Reply 1 juin 2017

    Bonjour
    Merci beaucoup pour ses précieux conseils, cela m’aide énormément excellente journée à vous.

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